La production de médicaments doit partir d'une réelle volonté politique. En Afrique du Nord, c'est le cas. En Afrique subsaharienne, les industries existantes, notamment en Afrique centrale rament et ne bénéficient en réalité d'aucune aide réelle de la part de leur gouvernement. La Sogafam au Gabon a finalement fermé ses portes.
Au Cameroun, qui comptent 7 unités de production de tailles différentes, fabriquant aussi bien des solutés massifs que des comprimés et des formes pédiatriques orales, les industries se sont regroupées en association pour pouvoir notamment obtenir des mesures incitatives et se conformer aux normes des Bonnes Pratiques de Fabrication. Toutes les initiatives dans ce sens ne semblent pas appuyées ou très faiblement par les autorités politiques, bien que le discours politique soit dans ce sens. Des subventions existent, semblent t il, mais elles ne sont pas octroyées. La concurrence est forte avec notamment les génériques en provenance d'Asie, même au niveau des appels d'offre nationaux.
Sans véritable volonté politique d'avoir un tissu industriel pharmaceutique local, en particulier pour les médicaments génériques de première nécessité, comment c'est le cas notamment en Afrique du Nord qui commence à exporter ses produits sur l'Afrique subsaharienne, le combat est perdu d'avance. Or si on veut améliorer la disponibilité des médicaments de première nécessité, notamment des antipaludéens et autres produits traitant les pathologies endémiques dans nos pays, la nécessité d'un tissu industriel pharmaceutique local fiable et répondant aux normes BPF s'impose.
Dr Gisèle Étamé Loé
Laboratoires Genemark
Cameroun