GUINÉE: Les médicaments font leur réapparition sur le marché noir
http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=84661
Photo: Alexis Adele/IRIN
Les fonctionnaires de santé ont mis en garde contre la prise de médicaments
non réglementés, qui peut être fatale (photo darchive)
CONAKRY, 2 juin 2009 (IRIN) - Des médicaments dangereux font leur
réapparition sur les marchés de Conakry, capitale guinéenne, quelques mois
après ladoption de mesures par le gouvernement militaire pour lutter contre
les ventes non réglementées.
La lutte contre la contrefaçon de médicaments demeure difficile compte tenu
de la pénurie sévère de médicaments à laquelle sont confrontés les hôpitaux
publics et les centres de santé, a dit à IRIN Mohamed Lamine Yansané, chef
de cabinet du Ministère de la santé et de l'hygiène publique, le 1er juin.
Les pharmacies privées disposent de médicaments, mais ceux-ci sont trop
onéreux pour un grand nombre de Guinéens.
« Les autorités ont du mal à lutter contre ce phénomène car il nexiste
aucune alternative [pour la population] », a-t-il affirmé. « Nous pourrions
détruire tous les produits commercialisés sur les marchés, mais alors où la
population se procurerait-elle des médicaments ? »
Au mois de mars, la junte a procédé à larrestation de plusieurs personnes
accusées de fabrication et de commercialisation de médicaments contrefaits
et de ventes illicites hors des pharmacies. Daprès les habitants de
Conakry, les médicaments vendus au marché noir, qui ont été difficiles à
trouver pendant une courte période après ladoption de mesures par le
gouvernement, ont fait leur réapparition au cours de ces dernières semaines.
La persistance du phénomène souligne la nécessité urgente dapprovisionner
les centres de santé publique de Guinée en médicaments fondamentaux, a
expliqué M. Yansané, du ministère de la Santé.
Sur le marché Niger du quartier de Kaloum, à Conakry, Mariam Sylla a
expliqué à IRIN quelle navait dautre choix que dopter pour les
médicaments vendus au marché noir. « Compte tenu du prix élevé des produits
vendus en pharmacie, nous préférons les acheter sur le marché informel ».
Les vendeurs se sont également réjouis de voir les ventes progresser de
nouveau.
« Jai commencé à revendre lorsque jai vu les autres sortir de nouveau sur
les marchés tels que Madina [lun des principaux marchés de Conakry] », a
déclaré un jeune vendeur, qui a souhaité rester sous couvert danonymat. «
Cest comme ça que je nourris ma famille ».
Et à la question de savoir sil nétait pas inquiété par déventuels
contrôles des autorités, celui-ci a répondu que non.
La junte a récemment annoncé quelle allouerait des fonds à lachat de
médicaments afin dapprovisionner les centres de santé publique, et certains
bailleurs de fonds ont exprimé leur souhait dapporter leur aide. Cependant,
aucun de ces engagements na été concrétisé à ce jour, a indiqué à IRIN M.
Yansané.
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