[e-med] Santé publique : Lettre ouverte aux professionnels du médicament

bonjour,

Je vous recommande de lire l'article ci dessous
Nadia Dohin
nadia_dohin@hotmail.com

Sant� publique : Lettre ouverte aux professionnels du m�dicament
Burkina-Faso
samedi 22 septembre 2007.
http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=23592&id_rubrique=

R�pression, interdiction, saisie et destruction n�y font rien. Les
m�dicaments de la rue connaissent une popularit� croissante aupr�s d�une
client�le de plus en plus nombreuse et posent � pr�sent un v�ritable
probl�me de sant� publique qu�alimente l�ignorance des acheteurs mais aussi
la passivit� des professionnels du m�dicament.

Comment pr�server les populations contre les drogues et autres produits
chimiques toxiques que vendent les colporteurs - pharmaciens qui inondent
les rues d�une foultitude de produits p�rim�s ? L�exp�rience a montr� que
l�interdiction ne fait rien � l�affaire. L�histoire, elle, nous apprend que,
de mani�re consciente ou inconsciente, les hommes s�int�ressent toujours �
ce qu�on s��vertue � leur d�fendre.

Aux Etats-Unis dans les ann�es 20, le bandit Al Capone n�a d� sa richesse
dans la vente d�alcool que gr�ce � la prohibition de l�alcool justement. La
contre-attaque donc dans le cadre des m�dicaments de la rue ne peut se
limiter � la promulgation d�une simple ill�galit� de ceux-ci et d�un recours
aux mesures de r�pression l�gales qu�autorise la loi pour lutter contre
cette ill�galit�. Dans la mesure o� il ne s�agit pas seulement d�une forme
de concurrence d�loyale mais bien d�un probl�me de sant� publique pos� �
travers des m�dicaments douteux, les personnes physiques et morales en
charge du m�dicament doivent d�couvrir les parades idoines permettant � la
fois de circonscrire le ph�nom�ne et de r�cup�rer, l� o� il se trouve, le
cr�neau nagu�re occup� par les vendeurs ill�gaux.

La Centrale d�achat des m�dicaments essentiels g�n�riques (CAMEG), l�Ordre
des pharmaciens, la Direction des laboratoires et du m�dicament constituent
d�j� des personnes morales � m�me de cr�er un cadre de r�flexion qui
balisera les voies d�une prise en main v�ritable du secteur du m�dicament.
Un tel cadre de concertation disposera n�cessairement des comp�tences pour
examiner et extraire par l�analyse les dispositions qui s�imposent comme
r�ponse � l�actuel �tat de fait.

D�ores et d�j�, une relecture des textes r�glementant le m�dicament semble
n�cessaire. Ces textes, con�us dans un contexte donn�, peuvent �tre devenus
obsol�tes et, du fait de cette obsolescence, faire entrave � la mission de
service public pour laquelle ils avaient �t� �labor�s. Il faut ensuite
consid�rer que la force de diffusion que poss�dent les vendeurs de
m�dicaments de la rue vient du fait qu�il les apportent jusque dans les
concessions des acheteurs et que, l�ignorance faisant le reste, ils les
placent sans effort.

Des vendeurs ignorants offrent donc � des populations ignorantes, des
produits qui r�ussissent � prendre du relief � cause du commerce de
proximit�. Il existe pourtant dans les pharmacies des produits dont les
effets et les contre-indications sont connus et �prouv�s depuis de longues
ann�es et qui, conditionn�s en doses enfants ou adultes, peuvent faire
l�objet d�un commerce de proximit� m�me par des personnes faiblement
lettr�es.

Il faut aller dans la rue avec des produits sains et accessibles pour y
contrer les m�dicaments de la rue

Il s�agira pour les professionnels du m�dicament, d�aller dans la rue avec
des produits sains apr�s avoir ajust� les textes interdisant une telle
pratique et apr�s avoir trouv� une formule d�acquisition du commerce de
proximit� � l�image des vendeurs ill�gaux.

Il faudra donc identifier et classifier un certain nombre de m�dicaments de
grande diffusion fr�quemment prescrits pour des pathologies b�nignes et dont
les contre-indications, effets et posologies soient dans une fourchette
standard qu�auront d�termin�s les professionnels. Ils pourront de ce fait
�tre d�livres par des personnes mod�r�ment comp�tentes.

Il s�agira ensuite pour les professionnels de s�entendre sur un certain
nombre de modules pouvant servir de base � une formation l�g�re allant de
quelques jours � quelques semaines et destin�e � inculquer aux apprenants un
minimum de discernement quant aux m�dicaments, leurs effets, les pr�cautions
dont ils doivent �tre l�objet etc. Ces apprenants doivent par la suite
amener certains types de m�dicaments dans la rue sans pour autant se prendre
pour des pharmaciens et servir de catalyseurs pour orienter certaines
demandes directement vers le pharmacien ou une formation sanitaire.

Faut-il franchement se rendre chaque fois en pharmacie pour acheter des
capotes, de la vitamine ou m�me une plaquette d�aspirine ? En allant dans la
rue, les professionnels du m�dicament peuvent en chasser les ill�gaux et
formaliser ce petit informel dans les r�gles de l�art : (Vendeurs
reconnaissables par un uniforme ou autre, moyen de transport appropri� des
m�dicaments etc.) constitueront autant d��l�ments qui permettront d�occuper
le cr�neau des ill�gaux l� o� il se trouve.

Plut�t que de laisser des sp�culateurs inconscients s�emparer de la
fragilit� des citadins pour faire leur beurre, les professionnels du
m�dicament doivent se r�veiller aux nouveaux souffles de la cit� et inventer
les paradigmes qui pr�serveront et leur pr�carr� et la sant� des
populations.

D�j�, des simulations montrent que pour la seule ville de Ouagadougou, les
m�dicaments de la rue g�n�rent une recette journali�re de... dix-neuf
millions de francs CFA.

Luc NANA

L�Hebdo

Tout en saluant la lettre ouverte, je me pose la question de savoir s'il est vraiment opportun d'aller dans la rue avec les médicaments sains?

Gabriel Bukasa Kaleka, B. Pharm., MPH.
Senior Technical advisor
Management Sciences for Health
Center for Pharmaceutical Management
SPS/RPM Plus
DRC office
+243 999301015
+243 999005024

Bonjour

J'ai lu l'article avec intérêt cet article paru dans un des quotidiens Burkinabé, L'auteur fait des propositions assez originales mais dont la pertinence et la praticabilité reste a démontrer.
  Pour ce concerne le BURKINA, la lutte contre le phénomène du médicament de la rue manque d'un véritable engagement politique. En ce sens que les acteurs (Gros bonnets) qui "importent" ces produits sont connus, seulement ces personnes bénéfices d' appui non négligeable assez hauts placés.
  L'autre aspect du problème est que les pharmaciens les officicinaux notamment se remettent dans certaine pratique qui peuvent alimenter ou entretenir le developpement de cette pratique.
   
  Enfin je pense que c'est bien de faire des propositions dont certaines frisent même le rejet du monopole du pharmacien, seulement je ne suis pas convaincu que cela seul suffira à endiguer le probléme.

  Victor BONKOUNGOU
Pharmacien Responsable approvisionnement en médicaments et consommables
Programme National de lutte Antituberculeuse
BURKINA FASO (OUAGADOUGOU)
  01 BP 6632 01 Tél 00226 50304346/ 00226 70341714
   bonkoung@yahoo.fr

Merci beaucoup d'avoir partagé la lettre ouverte de Luc,

Je comprends très bien la préoccupation de Luc qui semble préconiser
finalement le "marquage a la culotte" à ces "faussaires" si je puis les
nommer ainsi. Mais sincèrement, je ne pense pas que ce soit pertinent de
faire autant que ces gens - là. Il n'est pas recommandable de descendre dans
la rue avec des médicaments qui rappelons-le doivent encore obéir à
certaines conditions de conservation afin de toujours leur garantir une
assurance-qualité. Le combat doit d'abord être mené avec une bonne campagne
de sensibilisation à l'endroit de cette même population "servie" à domicile.
Lui faire comprendre qu'elle est entrain de s'empoisonner en consommant ce
genre de produits.
Maintenant, si nos pays disposent également de forces de sécurité
suffisamment fortes et impliquées dans la lutte contre ce fléau, les
autorités devraient pouvoir les activer afin qu'elles rendent la tache
difficile à ces "distributeurs de la mort".

Serigne Diagne
MSH/SPS/RPM Plus
Dakar Sénégal

Merci Serigne pour ce point de vue qui rejoint le mien et qui répond à ma question. Il faudra des campagnes de sensibilisations adaptées à la particularité de chaque pays et des stratégies de lutte conçues pour chaque pays.

Gabriel Bukasa Kaleka, B. Pharm., MPH.
Senior Technical advisor
Management Sciences for Health
Center for Pharmaceutical Management
SPS/RPM Plus
DRC office
+243 999301015
+243 999005024