[e-med] Sylvie, "fille Distilbène ", sera indemnisée : "C'est la victoire de la reconnaissance »

Sylvie, "fille Distilbène", sera indemnisée: "C'est la victoire de la reconnaissance »
Par Claire Hache
<Informations et actualités - L'Express,
publié le 06/03/2014 à 17:22, mis à jour à 19:43
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/sylvie-fille-distilbene-sera
-indemnisee_1497978.html

La justice a condamné ce jeudi le laboratoire UCB Pharma à indemniser à
hauteur de 81 910euros Sylvie Le Cossec, "fille Distilbène", qui a subi une
ablation de l'utérus et deux grossesses pathologiques. Son fils Julien est
polyhandicapé.

La justice a donné raison à Sylvie Le Cossec
<http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/sylvie-fille-distilbene-ser
a-indemnisee_1497978.html>. "Le tribunal déclare responsable le
laboratoire UCB Pharma des dommages résultant de l'exposition au
distlibène de Mme Le Cossec", selon le délibéré.

Cette quadragénaire dont la mère a reçu pendant sa grossesse dudistilbène
<http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/le-proces-du-distilbene_499005.h

, une hormone nocive, doit être indemnisée à hauteur de 81 910 ¤

d'indemnités par le laboratoire, selon une décision rendue ce jeudi à
Nanterre. UCB Pharma, qui commercialisait ce médicament jusqu'en 1977 en
France, a été condamné également à verser 8000¤ à son mari en réponse à
son préjudice moral et 10 000 ¤ à sa mère. "Pour moi, c'est la victoire de
la reconnaissance. C'est la première chose que la justice française puisse
faire, reconnaître la responsabilité d'UCB Pharma", nous confie à chaud
Sylvie Le Cossec. A l'annonce de la décision, elle était en réunion. "Je
me suis levée et j'ai dansé de joie autour de la table avec vingt paires
d'yeux braqués sur moi. C'était ubuesque", raconte cette chef
d'entreprise, encore emplie de joie.

Lire aussi le récit du combat de cette mère: "Le prix à payer c'est une vie ravagée"
<http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/fille-distilbene-le-prix-a-payer-c-est-une-vie-ravagee_1497772.html&gt;

Mais, surtout, la justice a accédé à sa demande de contre-expertise pour
son fils Julien, jeune polyhandicapé de 15 ans, né deux mois et demi avant
le terme. La prématurité est l'une des conséquences du distilbène, cette
hormone de synthèse prescrite jusqu'en 1977 en France pour éviter aux
femmes des fausses-couches. Mais chez une partie des 160 000 "enfants
Distilbène" exposés dans le ventre de leur mère, cette molécule nocive a
provoqué malformations génitales, problèmes de fertilité, grossesses à
risque, fausses-couches fréquentes et aussi cancer du sein, du vagin et de
l'utérus.

Sylvie Le Cossec, 45 ans, a subi une ablation de l'utérus et deux
grossesses pathologiques. Son fils aîné est handicapé moteur, mental et
visuel.

Un message d'espoir pour les familles
Si son avocate Me Verdier, était
confiante dans son cas, en ce qui concernait son fils, les choses
apparaissaient plus compliquées. "Les présomptions de causalité avec la
molécule diéthylstilbestrol et ses conséquences sont fortes, mais plus
difficiles à établir", nous expliquait Me Verdier avant le jugement.
L'annonce de la contre-expertise a donc été accueillie avec beaucoup de
joie par la famille Le Cossec.

Contacté par L'Express concernant un potentiel appel de cette décision,
UCB "se donne quelques jours pour étudier les motifs de la décision rendue
avec ses conseils". "Nous sommes profondément touchés par les épreuves que
vivent ces familles, et ce que nous souhaitons, c'est que la question du
DES (distilbène, Ndlr) soit traitée avec dignité et responsabilité. Il est
important de rappeler que ce sont des dossiers très complexes et que le
Tribunal doit apprécier chaque cas individuellement", commente Jean-Michel
Joubert, porte-parole du laboratoire. "Nous assumerons ici toutes nos
responsabilités, comme nous l'avons toujours fait dès lors que celles-ci
ont été établies en droit."

Cette décision est en tout cas un message d'espoir pour les familles qui
n'ont pas pu ou osé pour l'instant se tourner vers la justice.